Questions maisons passives

Qu’est ce qu’une maison passive ?

Qu’est ce que c’est qu’une maison passive ?
► La maison passive est un concept de construction qui part du principe qu’une maison avec tout le confort moderne n’a pas besoin de plus de 15 kWh par m2 et par an de chauffage, que la consommation d’énergie primaire ne doit pas dépasser la valeur de 120 kWh par m2 et par an et que l’étanchéité à l’air soit efficace avec un paramètre n50 < 0,6 h-1. Les réalisations du Vorarlberg en Autriche et d’ailleurs (Allemagne, Suède, Italie, etc….), montrent que cette hypothèse est non seulement tout à fait correcte, mais qu’en plus elle est valable pour des régions au climat rude comme au climat plus méridional. Donc généralisable à peu près partout.

Pourquoi 15 kWh par m2 et par an de chauffage ?
► Eh bien, parce que la pratique (et la théorie) montrent qu’au dessous de cette valeur, une maison n’a plus besoin d’avoir de système de chauffage indépendant. Elle se chauffe « toute seule » : les apports du soleil et ceux de ses habitants suffisent à maintenir une température agréable et cela tout au long de l’année (c'est à dire autant l’hiver que l’été). C’est pourquoi les maisons passives sont aussi appelées les « maisons sans chauffage ni climatisation ». Les critères de consommation globale et d’étanchéité à l’air permettent de compléter le standard, de manière à obtenir une définition cohérente et valable partout, universelle en quelque sorte.

Est-ce qu’une maison passive coûte cher ?

►En fait, non. Les gains de chauffage notamment (qui sont dix fois inférieurs à ceux d’une maison standard) permettent d’investir davantage dans l’isolation et dans une ventilation intelligente. Le chauffage n’étant que la dernière roue du chariot, on peut se permettre là aussi de substantielles économies… On a trop souvent tendance à ne considérer que les coûts de construction et à l’instant zéro. Pourtant les énergies (et le Co2…) ont la fâcheuse tendance d’augmenter régulièrement. En considérant le coût « global » d’une construction sur une durée « de possession » moyenne, le concept de construction selon le standard « maison passive » est le plus économique actuellement et s’avère nettement plus rentables dans le temps que d’autres constructions à l’investissement initial peut-être plus « léger » (dans tous les sens du terme).

Combien y a-t-il de maisons passives ? Et en France ?
► On considère qu’il y a environ 7000 maisons passives en Allemagne et 10.000 en Europe (valeur 2007). Tendance croissante puisque leur nombre double presque chaque année. Il y en a quelques-unes en France. Elles ne sont malheureusement pas encore très répandues.

« La beauté de la maison passive se situe dans sa simplicité. »

Maison passive / bioclimatique ou HQE

D’où vient cette idée de maison passive ?
► le concept de « maison passive » est la suite logique de la réflexion menée dans le Nord de l’Europe et entre autre à Darmstadt (Dr Feist) visant à réduire les consommations énergétiques (inutiles) dans la maison. La première étape a été la « maison basse énergie », consommant à peu près le tiers d’une maison standard. Ensuite l’étape suivante a été la « maison passive ». Pourquoi passive d’ailleurs ? En fait même si la maison est très active, elle n’est chauffée que « passivement », notamment par le soleil. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le terme « passif » : il n’y a pas de chauffage à proprement parler.

N’est ce pas la même chose que la maison bioclimatique ou le HQE ?
► Pas tout à fait. La maison bioclimatique suggère de profiter des avantages de l’environnement et de la topologie du lieu de construction (soleil, vents, pente, plantations, etc…) pour limiter au maximum les besoins énergétiques. Quant à la démarche HQE (Haute qualité environnementale) il s’agit certes d’une démarche plus vaste que la maison bioclimatique, puisqu’il s’agit aussi d’intégrer le cycle de vie du bâtiment dans un mode de fonctionnement ou sa construction et ses productions (déchets, eaux, usées, etc…) seront de faible impact sur l’environnement. Cependant que ce soit la démarche HQE (qui se rapproche davantage des démarches Qualité « ISO ») ou la maison bioclimatique, toutes deux ne sont que des recommandations et des propositions. Rien n’empêche d’ailleurs de construire une maison passive bioclimatique selon la démarche HQE… Cela dit, il n’y a que la maison passive à être une norme, ce qui a évidemment comme avantage de supprimer tous les quiproquos et autres imprécisions.

Et la maison positive, c’est pas mieux ?
► oui et non. La maison positive, c’est une maison qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Mais cela ne dit rien sur la façon dont elle utilise l’énergie. Elle peut être très dispendieuse (une « épave énergétique »), tout en ayant une grosse production, et du coup devenir une maison positive, ce qui est absurde. En soi, c’est un pis-aller, mais ce n’est pas très déterminant. Car finalement très peu de bâtiments peuvent apporter une contribution nette énergétique de manière économiquement rentable. Mieux vaut donc être d’abord « passif ». Après seulement, la production d’énergie doit être envisagée.
 

Double vitrage ou triple vitrage pour maison passive

Double vitrage contre triple vitrage ?
Il est fréquent de lire des analyses opposant double et triple vitrage. Pourtant l’un comme l’autre possède de nombreux avantages. L’important est bien plus de comprendre leurs spécificités et leurs différences pour les utiliser à bon escient et cela en fonction du bâtiment.

On le sait, le triple vitrage est plus lourd, mais il est  thermiquement  plus efficace. En revanche le double vitrage est largement répandu, facile à monter. Cela dit, rappelons au passage que l’efficacité d’une fenêtre dépend énormément de la qualité de son châssis ainsi que de la manière dont celui-ci est monté dans le bâti.
S’arrêter au seul vitrage c’est passer à côté d’une bonne partie de la problématique.

Pour continuer, lorsqu’on se met à comparer les avantages du double ou du triple vitrage dans une habitation, il est clair que le type d’habitation choisi pour réaliser cette comparaison, joue un rôle décisif sur les conclusions de l’étude…Surtout si l’on compare les gains relatifs de l’une ou de l’autre solution face au bilan énergétique global du bâtiment. En effet, si on se place dans le cadre d’un bâtiment qui consomme encore beaucoup d’énergie, (style RT2005), on peut faire beaucoup de calculs, on se rend compte assez vite que de passer du double au triple n’a que peu d’influence sur la consommation globale du bâtiment. En clair, le problème n’est pas là : il faut d’abord baisser les consommations pour que l’intérêt du triple vitrage apparaisse.

En revanche si on se place dans le cadre de la très basse consommation, c'est-à-dire avec une enveloppe extrêmement efficace (style « maison passive ») eh bien à ce moment là, l’importance du vitrage prend une part importante dans le bilan thermique et devient essentielle sur les gains ou les pertes rapportées à la consommation globale du bâtiment.

Prenons un exemple réel : une habitation passive à 18 % de surface de vitrage. Vitrages orientés 6% Nord, 26 % Est, 46 % Sud et 22 % Ouest. Gains moins les pertes des vitrages, soit donc les apports solaires nets, ville par ville : 

 


 

 « Double vitrage »  = Double vitrage 4/12/4, châssis bois 45mm, g=0,77, Ug = 2,9 Uw = 2,5. « Double vitrage HE » = Double vitrage 4/16Ar/4, châssis bois 68 mm , g= 0,64, Ug = 1,1 Uw = 1,6. « Triple vitrage » = Triple vitrage châssis bois, g=0,52 – Ug = 0,60 Uw = 0,95. Données Météo : Météonorm. Simulation : logiciel PHPP, PHI Darmstadt.

On se rend compte assez vite que compenser la perte de 35 kWh (m2.an) à Strasbourg par ex. en double vitrage, risque d’être coûteuse ! En revanche quand on se rapproche de la mer et du soleil, le double vitrage reprend de la couleur.

Outre cette comparaison faite sur une habitation passive, il nous semble important de rappeler un point essentiel lorsque l’on compare double et triple vitrage. Les performances du bâti influent sur l’efficacité relative de l’une ou l’autre des solutions.

Si la saison de chauffe est longue (bâtiment de type RT2005), les apports solaires de la mi-saison vont contribuer sensiblement au bilan annuel du vitrage. Ces apports solaires sont à la fois importants et disponibles sur une large palette d’orientations. Un bon facteur solaire du vitrage peut compenser une déperdition importante.

En revanche, si la saison de chauffe est courte (par exemple bâtiment passif, uniquement  3 mois au cœur de l’hiver), les apports solaires de la mi-saison sont inutiles. Par conséquent, ils ne viennent pas « gonfler » le bilan annuel.

Dans ce cas, il est préférable d’avoir une plus faible déperdition thermique et dégrader le facteur solaire.

Et pour conclure, même si un triple vitrage laisse passer moins de radiations solaires qu’un double, ne pas oublier non plus que cela peut avoir un effet des plus agréable l’été !

 

Les critiques faites aux maisons passives

Voici quelques idées critiques à l’égard de la maison passive, lues et entendues par-ci, par-là. Comme elles sont souvent fausses, mieux vaux s’en prémunir.

►La maison passive, c’est uniquement pour l’hiver ! chaud l’hiver, mais torride l’été : quelqu’un comparait même la maison passive à une « marmite norvégienne » : l’isolation de l’enveloppe gardant la chaleur l’hiver mais aussi l’été. Cette idée est peut-être compréhensible, mais elle n’a aucune justification. Sil est vrai que l’isolation (entre autre) permet de maintenir une température agréable l’hiver, c’est la même chose l’été ! L’isolation retient la chaleur l’hiver, et protège des assauts du soleil l’été. L’aération permettant hiver comme été de maintenir un climat agréable à l’intérieur de la maison passive, sans que les calories ou frigories ne soient inutilement jetées par la fenêtre.  La maison passive une marmite norvégienne ? Jamais de la vie !

►La maison passive, c’est bon pour les montagnes ! Ca ne convient pas si j’habite un climat océanique, ou méditerranéen, ou autre : quelqu’un émettait un doute sur la possibilité d’adapter la maison passive aux climats autre que le central européen ou « continental ». Les réalisations de maisons passives sont pourtant nombreuses ailleurs que dans les montagnes ! Peu de différence entre le climat des Flandres et celui de l’Alsace par ex… Quant au climat méditerranéen, il permet peut-être d’éviter le triple vitrage, mais la maison passive s’y adapte tout aussi aisément. N’oublions pas que le climat « continental » même s’il est bien froid l’hiver, n’en connait pas moins des étés forts chauds. Et les autres climats ? C’est pareil. Le concept est crée pour être adapté partout. Ce n’est pas le concept qui évolue, c’est la réalisation qui change.

►La maison passive, c’est humide ! il est clair que l’enveloppe presqu’étanche de la maison passive ne permet plus à l’air de circuler comme bon lui semble. Dans une maison plus « standard », ce sont les petits trous par-ci par-là qui assurent la ventilation des maisons, qui lorsqu’elles sont habitées produisent beaucoup de vapeur d’eau (enfin pas les maisons, leurs habitants, s’entend). La maison passive ne supprime pas la nécessité d’aération. Elle ne fait que la contrôler pour récupérer les calories contenues dans l’air sortant. Cela dit, il est très important que l’air circule correctement dans la maison. C’est un point tout à fait essentiel. Pour des questions d’hygiène et de confort, l’air intérieur doit être régulièrement renouvelé. Mais il semble logique de penser, que la maison passive en contrôlant ce renouvellement d’air a toutes les chances de mieux le réaliser qu’une maison standard ou il se produit d’une manière souvent aléatoire.

 

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